Un tragique destin

Irina Leontievna avait bien débuté sa vie, jusqu’à ce qu’un accident de la circulation lui fauche ses enfants et toutes ses espérances.

Joyeux anniversaire
Nous rencontrons Irina Leontievna dans l’une des chambres du Centre d’Accueil de Nochlechka.
Avec ses copines comme Irina appelle ses colocataires et avec leur aide, Irina s’apprête à souffler les bougies du gâteau d’anniversaire, Irina fête ses soixante ans.
Irina Leontievna a de la peine à respirer, son asthme l’en empêche, de se mouvoir aussi.
Aujourd’hui, Irina a voulu que ce soit la fête, qu’elle puisse, ne serait-ce que quelques moments, oublier sa tragédie.

Le malheur absolu
Elle nous la raconte.
Je suis née à Rostov-sur-le Don dans une famille heureuse, mon père était le chef de la police criminelle, ma mère responsable d’un atelier d’imprimerie. J’ai suivi des études commerciales, très jeune je me suis mariée, à 20 ans j’ai eu des jumeaux, Kolia et Christine.
Nous les adorions. Toujours ensemble, toujours mains dans la main, ils courraient partout et leur grand-père criait « Lâchez-vous les mains, ne courez pas ainsi ».
A 12 ans, main dans la main, ils furent fauchés par une voiture, Kolia est mort sur place, Christine est décédée à l’hôpital, quelques jours plus tard.
Mon mariage n’a pas tenu le choc. Mon père a très vite dépéri, puis quelques mois plus tard ce fut autour de ma mère puis de ma sœur, le malheur était sur nous.

La fuite
Impossible pour moi de rester à Rostov, tout me rappelait l’horreur vécue.
Nous sommes en août 1990, l’URSS vit ses derniers mois, l’autorité étatique est mise à mal. Irina Leontievna vend son appartement et se fait arnaquer. Elle en perd sa Propiska, sans-papier elle rejoint Moscou.
Dans la capitale elle survit de petits boulots mal payés et, pour ne pas être à la rue, arrive à sous-louer au prix forts quelques piaules. Après dix ans de ce régime-là, Irina file à Saint-Pétersbourg.

Une détresse infinie
Malgré cette absence d’officialité administrative Irina Leontievna travaille comme vendeuse, puis assistante de direction dans un magasin sur Nevski prospect, et enfin, ouvre son propre petit commerce, un 24 h/24.
Jamais, je n’ai pu vaincre ma douleur, la perte de mes jumeaux, de ma famille poursuit Irina. Cela me ronge sans cesse.
Ma santé s’est aggravée, une broncho-pneumonie m’envoie à l’hôpital. Heureusement celui de Botkin, celui qui accepte les sans-papiers. Là j’ai deux arrêts cardiaques, je dois réapprendre à marcher. De ce séjour la seule chose dont je me souviens est la gentillesse des médecins, des infirmières, du personnel.

Nochlechka
A la fin de son séjour hospitalier le Dr Kurkovsky appelle Nochlechka, une place est libre.
Irina Leontievna y est accueillie, les juristes de l’ONG cherchent à lui retrouver son identité administrative. Irina voit hebdomadairement la psychologue de Nochlechka. La spécialiste estime que le suivi psychiatrique lui fait du bien et que pour l’instant rien ne justifie un placement dans un autre foyer.
Bien sûr Nochlechka ne peut changer mon passé, pour le moins son personnel m’aide au mieux d’accepter le présent, de me soigner, de me donner un futur nous dit encore Irina Leontievna

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