Sans crier gare

Cette histoire russe reflète l’absence de filet social en ce pays pour toute personne dénuée de Propiska. C’est le cas de Vladimir, 55 ans.
Vladimir nous raconte sa rapide descente aux abysses provoquée par sa chute d’une échelle.

Un jardinier heureux
Jusqu’en 2015 tout allait au mieux. Je travaillais comme jardinier, j’adorais cela. Déjà à l’époque communiste j’œuvrais dans des kolkhozes comme jardinier.
Il y encore trois ans, avec ce travail, j’arrivais à me nourrir et louer une petite chambre. Cela me suffisait, j’aimais ce que j’entreprenais, les gens disait que je jardinais à merveille, les labours, leur planification, les récoltes, j’étais doué.
Oui, tant que j’étais en bonne santé tout roulait, j’étais inconscient, j’habitais le district de Krasnogvardeisky de Saint-Pétersbourg.

Sans pitié
Il a suffi qu’un jour je tombe d’une échelle. Je me suis retrouvé à l’hôpital avec une commotion cérébrale et une main en moins, ils me l’avaient amputée.
Dès mon retour dans ma chambre, le propriétaire est venu me trouver en me menaçant qu’il n’aura aucune patience quant au payement du loyer. Cela n’a pas tardé, en pleine rééducation je n’ai pas pu reprendre le travail et dix jours plus tard, à la fin du mois, me voilà à la rue.
Et dire que j’y ai vécu 15 ans et toujours je m’étais acquitté scrupuleusement du loyer. Il y a des gens qui ne mérite pas de l’être.

Un inhumain
La première semaine, le propriétaire d’un kebab que je fréquentais très régulièrement, m’a hébergé dans son petit restaurant. Mais évidemment cela n’était pas tenable et l’on m’a fait comprendre de chercher ailleurs. Mais où ?
Ayant perdu ma chambre, il m’était terriblement difficile de trouver un nouveau logement, d’autant plus sans le sou.
Dans la rue, très vite, je me suis senti honteux, misérable, quelle dégringolade. Les gestes les plus quotidiens, les plus intimes, deviennent une épreuve terrible. Vous pensez juste que vous avez quitté l’espèce humaine.

L’hiver, un terrible défi
Et le froid, l’hiver, quel calvaire pour survivre. Pour le moins, c’est en ces circonstances que j’ai entendu parler des Tentes Chauffées, je m’y suis rendu et là j’ai commencé à revivre.
A Nochlechka, ils ont pris soin de moi, m’ont hébergé dans leur Centre d’Accueil, m’ont donné une identité provisoire. Leurs juristes essaient de m’obtenir une assurance invalidité.
J’ai confiance en eux.

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