Natalya, enceinte

Ils se sont connus dans la rue, Natalya et Oleg. Des sans-papiers sans-abris. Pour toute chambre ils avaient des porches, des bancs publics.
Il y avait aussi des matelas et des couvertures non loin de Sredny Prospekt, puis des matelas et une hutte sur le quai de Smolenka.

Je n’existe pas
Nous attendons un enfant prêt à venir dans ce monde me dit avec un immense sourire la future maman. Mais que de problèmes à résoudre.
C’est que sans papier impossible de voir un gynécologue puisque je n’existe pas. Ou plutôt je n’existais pas. Aujourd’hui j’ai retrouvé mon existence administrative
poursuit joyeusement Natalya, rencontrée avec Oleg au Centre d’Accueil de Nochlechka.

En Russie, les citoyennes russes enceintes, dépourvues de Propiska, n’ont aucun accès à la prévention et aux soins gynécologiques. L’accouchement se fait uniquement aux urgences. La naissance du nouveau-né n’est pas reconnue. Son père, même possédant une identité administrative, ne peut le reconnaître car l’enfant officiellement n’existe pas puisque la mère administrativement n’a pas d’entité.

Un examen gynécologique complet pour la première fois
C’est Vitalik, le médecin bénévole de la brigade de secouriste Charity Hospital qui, lors d’une maraude, a repéré le couple.
Il nous raconte : après les avoir vus et compris leur désarroi, Natalya était enceinte de six mois, je les ai dirigés vers une connaissance obstétricien-gynécologue.
Pour la première fois de sa vie Natalya a eu un examen médical complet.
Mais cela ne suffisait bien évidemment pas. Il fallait non seulement leur retrouver leur identité administrative, un toit et aussi de l’argent pour cette grossesse et la venue du bébé. Tout était urgent, tout était nécessaire.

Solidarité
Pour l’argent une collecte a été lancée auprès des Pétersbourgeois, pour l’accueil l’organisation la Croix de Malte s’en est occupé et pour les papiers d’identité c’est Nochlechka et son savoir-faire qui s’en est chargé.

Nous avons un toit
Il était important que le couple participe, ne reste pas les bras croisés, ajoute Vitalik.
Oleg, le père, a trouvé un travail dans une entreprise de nettoyage. Ses pensées sont tournées vers l’enfant à naître : La chose la plus importante maintenant est le bébé ! Je veux une famille forte et la stabilité.
Grâce à la solidarité, nous avons trouvé aussi un logement. Oh minuscule, juste assez de place pour la poussette, une petite pièce, des étagères où vous pouvez ranger bonnets et gilets pour bébé, déjà achetés, et une cuisinette.
Nous avons un toit. Imaginez cette naissance en plein hiver. Le bébé n’aurait jamais survécu. C’est déjà si dur pour nous que de résister aux froids.

Lors de l’hiver 2018-2019, 947 personnes sans abris sont mortes.

La tâche est immense, soutenez Nochlechka vous sauvez des vies.

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