Les Orphelins

Selon le Parquet Général de la Fédération de Russie, en 2012 les biezprisorniki, ces orphelins sans-papiers, dépassaient les trois millions.
Dans ce pays, chaque année, environ 15’000 adolescents de 18 ans, parfois plus jeunes, sortent des institutions spécialisées (orphelinats, internats, maison d’enfants).
Les données du Ministère de l’Education les cataloguent ainsi : 50% d’eux entrent dans la catégorie des gens à risque, 10% se suicident, 33% sont au chômage, 20% deviennent sans abri.

L’article 57 n’est pas respecté.
La législation de ce pays, adoptée en 2004, est formelle : l’article 57 du nouveau Code du logement, paragraphe 2, stipule :
Le logement est accordé en priorité aux enfants orphelins qui sont restés sans soutien parental ou familial, dès leur sortie des établissements d’enseignement et autres foyers publics, y compris ceux de l’aide sociale, des familles adoptives, des orphelinats de types familiaux.”
Or au cours des 15 dernières années, près de 90.000 de ces enfants n’ont pas eu droit au logement prévu par la loi. Les autorités leur ont simplement délivré un aller simple pour le monde de l’errance, tout en sachant que l’espérance de vie moyenne dans la rue est de 7 ans.
Les enfants sans-papiers, les « biez », portent un sobriquet approprié puisqu’en russe biez signifie sans.
Sans attache familiale, sans aide étatique ou si peu, sans visage pour l’administration russe, sans papier et sans Propiska, abandonnés de tous, ils n’ont pas d’abri, n’ont pas d’identité, ils survivent dans la rue.

A Saint-Pétersbourg, 10’000 enfants végètent dans la rue.

Les orphelins ne sont pas mis au courant de leurs droits.
Le tableau serait incomplet si l’on oubliait qu’au mois de décembre 2012, le gouvernement de Vladimir Poutine a interdit aux Américains d’adopter des orphelins russes. Ceci avant tout pour des raisons de politiques extérieures entre les deux Etats.
Ce tour de vis à tendance à s’appliquer aussi, et de plus en plus, aux autres pays étrangers dont des citoyens seraient susceptibles de vouloir adopter un orphelin russe.
L’adoption des enfants – citoyens de Fédération de Russie, par des citoyens de nationalité étrangère qui habitent en permanence à l’étranger, hors du territoire de la Fédération de Russie, et par des personnes sans nationalité (ci-après – citoyens étrangers) n’est admise que dans les cas d’impossibilité de transmettre ces enfants aux bons soins des familles de citoyens de Fédération de Russie qui habitent en permanence sur le territoire de Fédération de Russie…

Etre un orphelin en Russie est trop souvent synonyme d’une existence des plus précaires, en marge de la loi, et sans aucun droit administratif.

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