Les Orphelins

Les statistiques officielles russes informent qu’au 1er septembre 2018, 47’800 enfants étaient orphelins.

Les orphelins sociaux
Selon les chiffres administratifs, 80% des orphelins enregistrés sont ce qu’on appelle en Russie, des « orphelins sociaux ».
Leurs parents biologiques – en vie – ont été privés de leurs droits parentaux ou s’en sont délestés.
Dans ce pays, chaque année, des milliers d’adolescents de 18 ans, parfois plus jeunes, sortent des institutions spécialisées (orphelinats, internats, maison d’enfants).
Les données du Ministère de l’Education les cataloguent ainsi : 50% d’eux entrent dans la catégorie des gens à risque, 10% se suicident, 33% sont au chômage, 20% deviennent sans abris.

Etre un orphelin en Russie est trop souvent synonyme d’une existence des plus précaires, en marge de la loi, et sans aucun droit administratif.

L’article 57 n’est pas toujours respecté
La législation de ce pays, adoptée en 2004, est formelle : l’article 57 du nouveau Code du logement, paragraphe 2, stipule :
“Le logement est accordé en priorité aux enfants orphelins qui sont restés sans soutien parental ou familial, dès leur sortie des établissements d’enseignement et autres foyers publics, y compris ceux de l’aide sociale, des familles adoptives, des orphelinats de types familiaux.”
Cet article n’est pas toujours respecté et parfois fait l’objet de trafic entre les autorités de fonction et quelques propriétaires véreux.

Au cours de ces dernières années, près de 90’000 de ces adolescents n’ont pas eu droit au logement prévu par la loi. Les orphelins ne sont pas mis au courant de leurs droits. Les autorités tutélaires ont simplement délivré aux orphelins sortant un aller simple pour le monde de l’errance.

Sachons que l’espérance de vie moyenne dans la rue est de 7 ans

Les « biez »
Les enfants sans-papiers, les « biez », portent un sobriquet approprié puisqu’en russe biez signifie sans.
Sans attache familiale, sans aide étatique ou si peu, sans visage pour l’administration russe, sans papier et sans Propiska, abandonnés de tous, ils n’ont pas d’abri, pas d’identité.

A Saint-Pétersbourg, des centaines d’orphelins survivent dans la rue

Le tableau serait incomplet si l’on oubliait qu’au mois de décembre 2012, le gouvernement de Vladimir Poutine a interdit aux Américains d’adopter des orphelins russes. Ceci avant tout pour des raisons de politiques extérieures entre les deux Etats.
Ce tour de vis à tendance à s’appliquer aussi, et de plus en plus, aux autres pays étrangers dont des citoyens seraient susceptibles de vouloir adopter un orphelin russe.
A ce sujet le texte énonce: “L’adoption des enfants (citoyens de la Fédération de Russie) par des citoyens de nationalité étrangère n’est admise que dans les cas d’impossibilité de transmettre ces enfants aux bons soins des familles de citoyens de la Fédération de Russie qui habitent en permanence sur le territoire de la Fédération de Russie…
Ces étrangers doivent habiter en permanence à l’étranger, hors du territoire de la Fédération de Russie, et par des personnes sans nationalité russe.”

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