De la rue au musée

Il y a peu Andrei Zamyatin arpentait les rues pétersbourgeoises en tant que sans-abris.
Aujourd’hui il parcourt les salles du musée d’art du XX et XXIe siècles de Saint-Pétersbourg en tant que guide.

Supprimer les préjugés
Grâce à Nochlechka, Andrei Zamyatin a participé au programme Raccourcis qui permet à des délaissés d’acquérir de nouvelles compétences.
Le projet lui a facilité la recherche d’un travail. Et, pour les visiteurs du musée prévenus de l’intention, il aborde les stéréotypes sur les sans-abris, nous expose Masha Skoda, coordinatrice du projet chez Nochlechka.
Entre l’explication des œuvres d’art, Andrei informe les visiteurs de sa vie, de son expérience de sans-abri, de subsister sans le sou, de sa façon de voir les choses.

Sauvé par Nochlechka
Après un mois en plein hiver à survivre dans les rues, Andrei Zamyatin se réfugie dans l’une des Tentes de la Survie.
De là il rejoint le Centre d’Accueil de Nochlechka où actuellement il est hébergé.
Et pendant qu’il guide les visiteurs du musée d’art, les juristes de l’ONG essayent de lui retrouver une identité administrative, la tristement célèbre Propiska.
C’est au centre de l’ONG que nous avons rencontré Andreï et qu’il nous raconte son parcours.
Avant tout chose, nous dit-il, Nochlechka m’a sauvé, sans son abri chauffé je serais mort de froid. Et sans son accueil, puis cette possibilité d’un nouveau départ dans la vie, je n’aurais pas résisté longtemps encore.

De l’errance à l’espoir
Andrei est né à Berezniki. À l’âge de 17 ans il quitte le polytechnique, des années d’errance où on lui vole ses papiers d’identité. Il se retrouve à Moscou dans une maison pour «travailleurs» en compagnie d’une centaine d’autres sans-papiers sans-abris.
Lassés de ce régime il part pour Saint-Pétersbourg en auto-stop et dès son arrivée, il n’a que la rue où errer.
Aujourd’hui Andreï formule son avenir, celui de travailler, d’économiser, de construire une maison, de créer une famille.
Des souhaits sommes toutes bien normaux pour tout un chacun qui, pour un sans-papier sans-abris, tiennent de l’extra ordinaire.

Pour conclure Andrei cite une phrase du livre qu’il tient dans la main : « Partir pour aller quelque part, ou simplement se laisser aller ».

Soutenez Nochlechka vous sauvez des vies.

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