#ятоже

#moiaussi En cette journée internationale des femmes, force est de constater que mondialement, toujours, les inégalités perdurent, les mauvais traitements restent monnaies courantes.

Pour les citoyennes russes sans-papiers sans abris leur sort est encore plus insupportable, elles cumulent le fait d’être femmes et d’être sans-papiers. Une double peine qui rend leur quotidien franchement intolérable.
L’histoire de Nadejda, 65 ans, illustre cette réalité

Nadejda

J’ai rencontré Nadeja à Nochlechka, dans la salle commune où elle brodait à la machine à coudre des pochettes de tissus transparents. Un travail qui lui permet de gagner quelques sous et de passer plus rapidement ses longues journées d’attente.
L’attente de retrouver son identité, de certifier son existence.

Pas de papier, pas d’insuline
Je suis née au Kirghizistan, nous raconte Nadja. En 1996, avec Igor mon mari, nous sommes venus à Saint-Pétersbourg où nous logions dans l’appartement de sa sœur.
Je travaillais dans une coopérative de vente de poissons. Mon mari s’est mis à boire, beaucoup.
De plus, j’ai attrapé un fort diabète. Souvent je n’avais plus de quoi acheter l’insuline, Igor dépensait tout, ou presque, en boisson.
Hospitalisée, ils m’ont amputé de la jambe droite. Lorsque je me suis réveillée de l’opération j’ai demandé en pleurs “mais pourquoi m’avez-vous sauvée ?” J’aurais préféré mourir plutôt que d’être mutilée.
Mon mari est mort d’alcoolisme et ma belle-sœur m’a mis à la porte.

De ce fait j’ai perdu ma Propiska, mon identité
Sans elle je ne peux plus recevoir gratuitement l’insuline pour combattre le diabète.
Dans cette descente aux enfers heureusement que j’ai pu très rapidement être recueillie par Nochlechka, ici je me sens chez moi.
Ici ils m’aident à retrouver des papiers d’identité, d’avoir droit à être soignée gratuitement, recevoir l’insuline nécessaire. Sans elle je vais perdre ma dernière jambe, nous dit-elle en terminant de broder l’un de ses sachets.

En ce 8 mars 2019, journée synonyme de criantes inégalités, force est de constater que le sort des femmes sans-papiers sans-abris ne s’améliore pas

En plus de subir l’impitoyable quotidien de la rue, les femmes sans-logis doivent fréquemment se défendre contre le harassement masculin. Et l’absence chronique de centre d’accueil réservés aux femmes péjore encore plus leur sort.
En effet, de très nombreuses femmes doivent doublement galérer pour trouver un abri nocturne.
Non seulement le droit d’obtenir un lit dans un centre d’aide sociale n’est réservé qu’aux porteurs de documents en règle mais même en ce cas, très peu d’espaces sont consacrés aux femmes et à leur progéniture.
Aujourd’hui, chaque nuit, on compte seulement 45 femmes parmi les résidents des accueils nocturnes, tandis que le nombre de candidates s’élève à bien plus de 200 pour un lit.
A Saint-Pétersbourg, officieusement, il y a plus de 60’000 sans-papiers sans-abris. 30 % sont des femmes.

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