La propiska s’expose

Actuellement, la cours du Musée d’Anna Akhmatova à St Pétersbourg  présente, sous diverses formes artistiques, la problématique administrative engendrée par l’absence de papiers d’identité en Russie, la fameuse propiska.

Cette exposition par le biais de projets-média de peintres russes et allemands, s’inspire de la Constitution de la Fédération de Russie. Elle nous raconte des histoires vécues, nous ouvre le recueil " des Gens invisibles", affiche aussi le rapport analytique intitulé "Système d'enregistrement et d'octroi de passeports en Fédération de Russie - analyse d'efficacité".
Une occasion pour Nochlezhka de faire connaître les difficultés des citoyens russes qui se retrouvent dans cette situation.
Les cas présentés sont ceux des citoyens pétersbourgeois, d’âge et de profession diverses dont certains ont rencontré de pénibles tracas liés à l’absence de ce sésame bureaucratique. Plusieurs d’entre eux se sont adressés à des structures semi-légales et même mafieuses afin d’obtenir le tampon tant convoité. Ils n’ont pas hésité non plus à graisser la patte de la milice afin d’éviter toute enquête.

Parmi les sujets abordés, le lien entre l’absence de propiska et la santé, celui de la scolarisation aussi. Ne pas tomber malade, car sans papiers, le traitement est payant et nombreux sont ceux qui n’en ont pas les moyens. Et pour les enfants sans propiska, la seule solution sont les jardins d’enfants privés aux mensualités élevées. En effet,  les crèches d’Etat exigent tous la propiska comme carnet d’entrée.

L’exposition rappelle enfin, que si certains citoyens ont entendu parler des droits constitutionnels, ils continuent néanmoins à verser des pots-de-vin, développant ainsi la corruption en Russie. Et au lieu d’exiger que la constitution soit appliquée, Ils ne cessent de se plaindre des insuffisances du système et de la difficulté d’être des citoyens de l’ombre dans leurs propre pays. Tout cela indépendamment de leur situation dans la société, du poste qu’ils occupent, de leur condition financière, de leur âge, sexe etc.

Au sujet de la propiska, nous recommandons à nos lecteurs de lire la thèse de Maj Kastanje. Son travail permet une meilleure compréhension de ce système bureaucratique kafkaïen.

Car en effet, dans ce pays, théoriquement, la Constitution de la Fédération de la Russie garantit que tout citoyen est égaux devant la loi, que les personnes sans propiska sont des citoyens à part entière et détiennent les mêmes droits. Cependant, divers actes législatifs russes sont là pour rappeler qu’entre la théorie et la pratique, en Russie, le fossé est grand. Que les propositions des experts pour améliorer la qualité de vie des citoyens dans le domaine économique et sociale, sont restées lettres mortes.

Et Nochlezhka le rappelle : «Le système actuel d’enregistrement est en contradiction avec la Constitution russe. Il  doit être modifié.  Aux citoyens de se mobiliser et défendre leurs droits.»

 

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